Fév 07

De l’alerte à l’organisation. Une assemblée générale face aux lois anti-migrantes

Le vendredi 6 février, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants a tenu une large assemblée générale réunissant ses membres travailleurs et travailleuses. Cette rencontre était consacrée à une question centrale et urgente : comment nous organiser dans le contexte actuel afin de faire face à l’offensive croissante contre les droits des travailleuses travailleurs et des personnes migrantes. Cette assemblée s’est tenue à un moment politique critique, marqué par la multiplication de lois anti-immigrantes, certaines récemment adoptées, d’autres encore en cours d’élaboration, qui menacent directement la stabilité, la dignité et les droits au travail et à la résidence.

L’assemblée a rassemblé des travailleuses et travailleurs migrants issus de nombreux secteurs, des secteurs essentiels au fonctionnement de l’économie, mais dont les travailleurs sont maintenus dans la précarité et privés de protections réelles. Cette diversité a mis en lumière une réalité commune : l’attaque contre les migrants n’est ni ponctuelle ni isolée, mais systémique, et touche toutes celles et ceux qui travaillent dans des conditions temporaires ou précaires.

Les discussions ont porté sur les nouvelles lois et politiques qui aggravent la vulnérabilité et facilitent l’exploitation, notamment le durcissement des conditions de résidence, l’attachement du statut légal à l’employeur, l’affaiblissement des mécanismes de plainte et de protection, ainsi que l’élargissement de l’impunité patronale. Les participant·e·s ont souligné que ces politiques ne visent pas uniquement les migrants, mais servent également d’outil pour exercer une pression sur l’ensemble de la classe ouvrière et détériorer les conditions de travail pour toutes et tous.

L’assemblée a examiné en profondeur les moyens de s’organiser collectivement pour faire face à ces défis, tant sur le plan juridique que dans les milieux de travail. Des témoignages ont été partagés sur les violations quotidiennes subies par les travailleurs, notamment le vol de salaires, les heures non payées, les menaces de congédiement ou de déportation, ainsi que la mise au silence systématique de toute personne qui tente de revendiquer ses droits. Il a été clairement affirmé que la peur et l’isolement constituent les principales armes sur lesquelles reposent ces abus, et que l’action collective est la seule réponse capable de briser cette réalité.

L’assemblée s’est tenue en plusieurs langues, un geste politique fort qui reflète l’engagement du Centre à bâtir une organisation de masse, ancrée à la base et fondée sur l’adhésion, capable de représenter réellement, et non symboliquement, les travailleuses et travailleurs migrants. Les personnes présentes ont exprimé leur détermination à poursuivre la construction d’une organisation forte et profondément enracinée, menant la lutte depuis la base et articulant défense juridique, organisation dans les milieux de travail et action politique dans la rue.

L’assemblée a conclu que la prochaine étape exige un passage de la réaction à l’action organisée, et des plaintes individuelles à la puissance collective. L’attaque actuelle contre les migrants est une attaque contre le droit de vivre et de travailler dans la dignité, et la seule réponse efficace réside dans une organisation collective large, capable de faire face à l’offensive et de soutenir la lutte dans la durée.

Cette rencontre n’était pas un simple échange passager, mais une étape concrète dans la construction d’une force collective des travailleuses et travailleurs migrants. Ce qui a été accompli marque le début d’un long processus d’organisation et de mobilisation, dont les prochaines étapes se poursuivront dans quatre langues, affirmant que l’unité des travailleurs est la condition de toute victoire.

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