Près de 900 étudiantes et étudiants internationaux ont été plongés dans l’incertitude après que le gouvernement du Québec a refusé de renouveler les permis d’exploitation du Collège supérieur de Montréal et du Collège supérieur de Sherbrooke.
Beaucoup avaient quitté leur famille, payé des dizaines de milliers de dollars en frais de scolarité et occupé des emplois précaires et faiblement rémunérés pour subvenir à leurs besoins. Certaines personnes n’étaient plus qu’à quelques semaines de l’obtention de leur diplôme lorsque leurs études ont été brutalement interrompues, menaçant leur parcours scolaire, leur emploi et leur statut migratoire.
À la suite des mobilisations étudiantes et d’une contestation juridique des collèges, le Tribunal administratif du Québec a suspendu la décision gouvernementale. Le 28 juillet, le Tribunal a autorisé les deux collèges à reprendre l’ensemble de leurs activités d’enseignement, permettant ainsi aux étudiants de reprendre leur parcours dès la prochaine session. CBC News
Il s’agit d’une victoire importante pour les étudiants, dont la mobilisation a rendu cette crise impossible à ignorer. Mais cette décision n’efface pas les dommages déjà causés.
Le ministère de l’Éducation n’a toujours pas rendu publiques les raisons précises de son refus de renouveler les permis. Il a agi sans établir au préalable un plan clair pour protéger les 878 personnes touchées, les laissant faire face à l’interruption de leurs études, à l’expiration de leurs documents d’immigration et à la possible perte de leur droit de travailler.
Le gouvernement avait annoncé qu’il dispenserait des frais de scolarité les personnes transférées vers des établissements désignés. Pourtant, plusieurs étudiants se sont heurtés à des programmes indisponibles, à des difficultés de reconnaissance des crédits et à de longues procédures d’immigration. Comme un changement d’établissement peut exiger un nouveau permis d’études—et, pour certaines personnes, un nouveau Certificat d’acceptation du Québec—la décision gouvernementale menaçait directement leur statut légal.
Cette crise révèle un système qui accueille les étudiants internationaux pour les frais de scolarité élevés qu’ils paient et la main-d’œuvre sous-payée qu’ils fournissent, mais qui les abandonne lorsque les établissements ou les politiques gouvernementales échouent.
Les étudiants internationaux ne sont ni des machines à profits pour les collèges privés ni des chiffres jetables dans les objectifs d’immigration. Ce sont des étudiants, des travailleurs et des membres de nos communautés.
La décision du Tribunal apporte un soulagement immédiat, mais le Québec doit toujours expliquer pourquoi les permis ont été refusés et garantir qu’aucune personne ne perdra son argent, ses crédits, son emploi ou son statut migratoire. Les étudiants n’ont pas créé cette crise et ne doivent pas en payer le prix.



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