Mar 24

Le 21 mars n’est pas qu’une commémoration, c’est une lutte en cours

Le 21 mars, des centaines de personnes ont occupé les rues de Montréal lors d’une manifestation puissante pour la justice pour toutes les personnes migrantes. Ce rassemblement n’était pas symbolique, mais une expression concrète d’une solidarité large réunissant étudiant.e.s, groupes de défense du logement, syndicats, travailleurs et travailleuses migrant.e.s précaires, travailleurs étrangers temporaires, demandeurs d’asile et personnes en lutte contre les déportations.

Notre manifestation du 21 mars

Cette mobilisation s’inscrivait dans la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, ancrée dans le massacre de Sharpeville en 1960 en Afrique du Sud, où 69 manifestant.e.s pacifiques ont été tué.e.s par la police alors qu’ils protestaient contre l’apartheid. Cette mémoire n’est pas simplement historique. Elle rappelle que la violence d’État contre les populations opprimées fait partie d’un système qui se reproduit, de l’apartheid aux régimes migratoires actuels.

Aujourd’hui au Canada, ce système prend une autre forme. La discrimination raciale n’est pas accidentelle, elle est structurelle, inscrite dans les politiques d’immigration et le marché du travail. Les travailleurs et travailleuses migrant.e.s, en particulier celles et ceux liés à des permis fermés ou à un statut précaire, sont relégué.e.s en marge et exploité.e.s comme une main d’œuvre jetable.

Ce n’est pas une défaillance du système. C’est le système.

Les programmes de migration temporaire, les restrictions aux permis de travail ouverts, les politiques de déportation et les obstacles à la régularisation servent à produire une main d’œuvre privée de droits et maintenue dans la peur. Ces politiques sont indissociables du racisme. Elles en sont une expression directe.

Comme l’ont affirmé les manifestant.e.s, éliminer la discrimination raciale ne peut pas se faire par des déclarations ou des mots creux. Les gouvernements ne peuvent pas dénoncer le racisme tout en maintenant des politiques qui le reproduisent.

Mettre fin au racisme, c’est démanteler ces systèmes à la racine
C’est des permis de travail ouverts
C’est la fin des permis liés à un employeur
C’est l’arrêt des déportations
C’est la régularisation complète pour toutes les personnes migrantes

La lutte contre le racisme est inséparable de la lutte contre l’exploitation. C’est une lutte pour la dignité, pour le droit de rester, et pour le droit de vivre et de travailler sans peur.

Ce que nous avons vu le 21 mars n’était pas seulement une manifestation. C’était un moment d’organisation et d’unité. Un message clair que les travailleurs et travailleuses migrant.e.s ne sont pas seul.e.s et que la solidarité collective peut affronter un système fondé sur l’exclusion et l’exploitation.

La lutte continue.

Autres articles d'intérêt

Cinq ans après l’adoption de la nouvelle loi en santé-sécurité du travail, les travailleurs et travailleuses exigent du vrai changement

Le 6 octobre, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrant.e.s (CTTI-IWC) a participé à un rassemblement devant les bureaux de la CNÉEST devant le Complexe Desjardins à Montréal, cinq ans après l’entrée en vigueur de la réforme québécoise de la santé et de la sécurité du travail. La mobilisation réunissait notamment des membres de la CSD, de la CSN, de la CSQ, de la FTQ, de l’UTTAM ainsi que des... En savoir plus →

Les élections au Québec et la politique du bouc émissaire contre les personnes migrantes

À l’approche des élections québécoises du 5 octobre, les partis de droite ne rivalisent pas seulement sur les impôts, les services publics ou l’économie. Une autre compétition, plus dangereuse, est à l’œuvre : qui paraîtra le plus dur envers les personnes migrantes et les minorités religieuses, et qui ira le plus loin dans l’utilisation du discours sur la « protection de l’identité québécoise » et la « laïcité » pour... En savoir plus →

Faire des droits en santé et sécurité une réalité pour les travailleurs non syndiqués

Rendre effectif le droit des travailleurs non syndiqués à participer à la prévention des accidents et des maladies du travail Par David Mandel Chaque année, le travail tue davantage de travailleurs et travailleuses dans le monde. Rien qu’en 2023, près de 3 millions de travailleurs sont morts — plus que le nombre total de personnes tuées dans les guerres cette même année (OIT, 2023). Pourtant, bien qu’il soit démontré que... En savoir plus →

Lorsque le Canada avait besoin de Harish, il était « essentiel » Lorsqu’il a demandé la sécurité, il est devenu expulsable

Après huit années passées à travailler, à étudier et à tisser des liens, la famille Kumar a été forcée de quitter le Québec et de retourner en Inde. Pour le gouvernement, l’histoire s’est terminée par le rejet d’une demande d’asile et l’exécution d’une décision administrative. Mais pour Harish, son épouse Sonika et leurs deux enfants, cette décision signifiait être arrachés de force à toute une vie construite à Montréal. La... En savoir plus →