Fév 06

Du constat à l’action. Défendre les travailleuses et travailleurs migrants face à l’injustice

Le jeudi 5 février, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants de Saguenay–Lac-Saint-Jean a participé à une activité politique et éducative forte organisée dans le cadre de la Semaine du développement international, à l’invitation du Centre de solidarité internationale du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Cette rencontre n’était pas un simple événement symbolique, mais un véritable espace de confrontation collective avec les réalités quotidiennes vécues par les travailleuses et travailleurs migrants, façonnées par la précarité, l’isolement et l’injustice systémique.

À titre de représentant du Centre, Alonso Rivera Carcamo, organisateur communautaire dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a pris part à cet espace de résistance et de réflexion animé par Pia Cerda, chargée de projets pour l’Amérique latine et l’éducation à la citoyenneté mondiale. Les échanges ont permis d’aborder sans détour les conditions difficiles imposées aux travailleurs migrants, loin des discours officiels édulcorés.

À travers la lecture collective de la bande dessinée Standing Up for a Just World, des activités interactives et des discussions franches, les participant·e·s ont partagé leurs expériences d’exploitation, d’exclusion et de silence imposé, mais aussi des stratégies de solidarité, de résistance et d’action collective. Cette activité a réaffirmé une conviction centrale. Une société juste ne se décrète pas, elle se construit par la lutte, l’organisation et le soutien mutuel.

Organisée sous forme de table ronde, l’activité a favorisé le dialogue horizontal et l’autonomisation collective. La lecture s’est faite à voix partagée, page par page, suivie de mises en situation inspirées de cas réels. Ces exercices portaient sur la manière de briser l’isolement, d’intervenir concrètement, d’offrir du soutien et d’agir face à l’exploitation. Les scénarios reflétaient des situations vécues par des collègues, des ami·e·s, des connaissances et des personnes souvent laissées sans protection institutionnelle.

Les discussions ont permis de nommer clairement les différentes formes d’abus subies par les travailleurs migrants, notamment l’exploitation, les menaces, les représailles et la peur liée au statut migratoire. Des questions essentielles ont émergé et ont été abordées collectivement. Quelles ressources existent réellement. Comment soutenir un travailleur sans l’exposer à davantage de risques. Quels sont les impacts sur une demande de résidence permanente. Comment contacter le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants. Que se passe-t-il en cas de représailles patronales. Et comment l’inaction aggrave les situations avec le temps.

Grâce à l’engagement actif des participant·e·s, la discussion s’est approfondie autour de thèmes centraux tels que l’intégration dans des conditions inégales, les barrières de communication, l’adaptation forcée, les rapports de pouvoir culturels, les milieux de travail hostiles et même l’impact croissant des réalités climatiques sur les travailleurs les plus précarisés.

Cette activité a rappelé une vérité fondamentale. Défendre les droits des travailleurs migrants, c’est défendre les droits de toute la classe ouvrière. Le silence nourrit l’exploitation. La solidarité construit le pouvoir.

Le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants adresse ses remerciements combatifs à Pia Cerda et au Centre de solidarité internationale du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour avoir créé cet espace de formation politique et d’action collective, et pour avoir invité le Centre à participer à une lutte qui dépasse largement le cadre d’un seul événement.

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