Au Centre des travailleurs et travailleuses immigrant·e·s, nous élevons nos voix contre l’attaque organisée contre le système de santé public au Canada. Ce n’est pas une réforme. C’est un démantèlement. Un système fondé sur un principe simple — la santé est un droit, pas une marchandise — est en train d’être détruit.
Alors que le congrès fédéral du Parti libéral se tient, nous le disons clairement : on ne peut pas prétendre défendre le système de santé public tout en organisant son affaiblissement dans le cadre de la stratégie « Elbows up » de Mark Carney, une stratégie au service des profits des entreprises et de la privatisation, au détriment des services publics.
Ce n’est pas un manque de ressources — ce sont des choix politiques. Des milliards sont investis dans les dépenses militaires, pendant que des milliards sont coupés des services publics. Sous prétexte de « responsabilité fiscale », on coupe des emplois, on réduit les soins, et on ouvre la porte à la privatisation.
Cette crise repose sur l’exclusion et l’exploitation. Les personnes migrantes sans statut sont privées d’accès aux soins de santé, forcées de vivre, travailler et tomber malades dans l’ombre. Les personnes réfugiées subissent des coupures et des restrictions à des soins déjà limités. Ce n’est pas une faille du système — c’est un choix politique délibéré.
En même temps, les personnes migrantes représentent une grande partie de la main-d’œuvre de première ligne en santé, sous-payée et précaire. Elles nettoient les hôpitaux, prennent soin des patient·e·s et font tenir le système à bout de bras, crise après crise — tout en étant elles-mêmes privées des soins dont elles ont besoin. Voilà la logique de l’austérité : exploiter notre travail, nier nos vies.
Du projet de loi 11 en Alberta aux ententes conclues en coulisses lors d’événements comme Première ligne en santé, la direction est claire : transférer les soins publics vers le profit privé.
Ces attaques sont liées. Les coupures dans les soins pour les personnes réfugiées, l’exclusion des personnes sans statut et les lois anti-migrant·e·s comme le projet de loi C-12 font partie du même projet : diviser, exclure et privatiser.
Nous refusons cet avenir.
Nous luttons pour un système de santé réellement public, universel et accessible à toutes et à tous — sans exception, sans égard au statut, et sans peur.
Parce que quand on refuse des soins aux personnes migrantes, on prépare le terrain pour refuser des soins à tout le monde.



Les commentaires sont fermés.